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Protéger les infrastructures informatiques sensibles

Les infrastructures de l’information, Internet compris, sont le système nerveux de l’économie mondiale. Sans elles, la mondialisation des marchés serait impensable: même les PME doivent y recourir pour être compétitives. Cette dépendance se répercute jusqu’aux utilisateurs privés. Lorsque l’on sait que la branche des TIC emploie quelque 120000 personnes et qu’elle représente 6,6% du PIB, on saisit mieux son importance pour l’économie suisse; ses possibilités en matière de formation et de travail sont, en outre, d’un intérêt certain. Nous avons tout intérêt à protéger ces infrastructures. Aux flux des biens physiques font aujourd’hui pendant ceux – virtuels – de l’information et de la finance qui transitent par les réseaux numériques. Cela a des avantages, mais également des dangers et des risques. Notre économie serait paralysée si le système ne fonctionnait plus ou si les flux de données étaient faussés par les attaques subies. Les conséquences seraient graves pour l’économie et la société, en Suisse comme dans le monde. La Suisse est le pays qui dépense le plus d’argent pour les TIC parmi les États de l’OCDE. En tant que place financière, elle doit veiller à la bonne exécution des transactions; le fonctionnement des infrastructures informatiques et leur protection sont donc d’une importance cruciale. Bien qu’une grande part de ces dernières soit gérée par l’économie privée, l’État ne peut se dérober. La Constitution le charge d’assurer l’approvisionnement du pays en services de première nécessité, parmi lesquels on compte aujourd’hui les infrastructures de l’information. Il doit veiller, en collaboration avec les milieux économiques, à ce que les pannes soient rares, de courte durée et maîtrisables. Dans ce partenariat, sa vocation est d’intervenir à titre subsidiaire pour apporter les moyens et ouvrir les possibilités que lui seul peut offrir. C’est le cas, par exemple, des services de renseignement et des poursuites pénales, mais aussi de l’identification des risques intersectoriels et de l’élaboration de mesures préventives générales. En étroite collaboration avec les représentants de l’économie, le DFE, par l’intermédiaire de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE), a examiné ces dernières années la dépendance de diverses branches envers les infrastructures de l’information; il en a exposé les risques et élaboré, avec les parties concernées, des mesures actuellement mises en oeuvre. Ce faisant, le DFE a contribué à accroître la résistance du «corps économique suisse» contre les dysfonctionnements qui pourraient frapper son système nerveux numérique.

Cheffe du Département fédéral de l'économie DFE

Cheffe du Département fédéral de l'économie DFE